Un jour, je suis entrée dans une librairie et j’ai acheté « ÉcrireMarseille », publié chez Folio. Quinze auteur·ices, des grandsnoms. Sur la couverture : “ la cité phocéenne ”. À l’intérieur : levide. Des textes fades, comme si Marseille n’avait ni sueur, nicolère, ni accent, ni mélange. J’ai refermé le livre avec un goûtamer : où sont les nôtres ? Où sont celles et ceux qui viventMarseille, qui l’habitent depuis la marge, la parlent avec leurslangues entremêlées ? Ce livre est né de cette frustration-là.Une réponse, une insurrection littéraire.Vingt-cinq auteur·ices immigré·es, non-blanc·hes, écriventleur Marseille — plurielle, fiévreuse, indomptée. Ici, on écriten métèques. On écrit en héritier·es de l’exil, du béton, de lamer et des quartiers. On réinvente la ville, à hauteur de corps,d’amour, de rage et de dignité.République indépendante des immigré·es de Marseille : unelittérature des interstices, une carte affective et politique dela ville, une archive vivante de celles et ceux qu’on oublietoujours d’inviter à écrire l’Histoire.