Ouragan sur l'atoll
Nordhoff et Hall avaient déjà, en 1936, publié un livre plus ou moins romancé racontant le cyclone qui avait tuéplus de 300 personnes et dévasté l’atoll de Hikueru, dansles Tuamotu, en 1903. (Victor Segalen, médecin de laMarine sur la Durance, viendra y porter secours auxsinistrés.) Frisbie a eu, si l’on peut dire, la chance de vivrele cyclone qu’il nous raconte, et c’est un récit d’autantplus saisissant qu’en plus il met en scène ses quatreenfants. Nés et élevés à Pukapuka en vrais Polynésiens,ses enfants sont bien sûr infiniment mieux préparés à lasurvie sur l’atoll que ne l’auraient été de petits Popa’a. Etsi sa description du cyclone fait renaître la puissancemonstrueuse des éléments, le hurlement interminable duvent, les vagues colossales, la terreur, la lucidité, la luttecontre la panique, l’épuisement et les hallucinationscausées par la fatigue, le plus émouvant est sans doute larelation de totale confiance qu’il a avec ses enfants. Cetteconfiance, qu’on le voit mettre en place dans la premièrepartie du récit à travers un mode d’éducation peu banal,explique en grande partie leur survie à tous, enparticulier après la dévastation de l’atoll.En ce sens Suwarrow ouragan sur l'atoll est un livre unique