Dans cet ensemble structuré en deux parties, se démultiplient, se superposent, se croisent deux voix, celle de la petite fille et celle de la poète, la fille devenue femme – il semble que le texte attribué à la petite fille soit en italique, c’est du moins ce que le lecteur pense d’abord mais les deux voix finissent par s’enchevêtrer. Le sujet pourrait s’énoncer comme le manque du père ou le manque de père. D’un côté, une partie du texte essaie d’attirer l’attention – « Pourquoi m’as-tu abandonnée ? » (p. 25) –, d’un autre côté, parfois, la poète revient sur cet abandon, tente de donner non pas une raison ou une explication à cette absence car c’est chose impossible, mais pose des questions dans une forme de prolongement du discours. Et les deux voix se font écho dans l’espace dételé du poème.