Toute ressemblance avec des personnes existantes, des lieux connus ou des situations vécues n’est absolument pas fortuite. Elle est même outrageusement volontaire, parce que le personnage dont je parle?–?ce type qui trébuche sur ses propres certitudes, ce voisin qui sourit comme on cache une arnaque, cette âme qui commande un café pour ne pas affronter le silence?–?c’est vous, moi, et vos voisins. Si vous vous reconnaissez, ne vous inquiétez pas?: c’est normal, on est tous un peu ces héros bancals de nos petites nouvelles, convaincus d’être uniques alors qu’on répète les mêmes scènes avec un sens du drame étonnamment recyclé. Et si, par miracle, vous ne vous reconnaissez pas, félicitations?—?vous êtes probablement en train de jouer la meilleure des comédies?: celle où l’on nie avec panache être le personnage principal.L’auteur s’imprègne du quotidien, l’interprète parfois à contresens et en extrait de petites scènes révélatrices. Ces scènes, lues de travers, sont amplifiées en situations cocasses, parfois cruelles, souvent drôles. Le rire, le questionnement et le doute font surgir la vérité derrière l’humour.