« Une heure plus tard, il ne restait personne. Il pleuvait de nouveau. Les couronnes de fleurs glissaient peu à peu au pied du monument où les attendaient quelques flaques d'eau. Il faisait froid aussi, mais dans son petit bureau, Taïeb profitait de la douce chaleur des bûches qui brûlaient dans la cheminée ; c'était agréable et apaisant. Tout était calme ; la grande allée était vide et le monument restait là, seul, comme un mort qu'on s'apprête à oublier. »Dans ce Maroc oriental lointain et théâtre de déchirements et de violences, des hommes que tout oppose à première vue doivent faire face à leur destin, emportés dans les tourbillons de l'Histoire.Né en 1960 à Oujda, au Maroc, Hassan Belmokhtar a connu une enfance particulière puisqu'il habitait, avec sa famille, dans l'un des premiers lycées du royaume. Marqué par les professeurs de français qui venaient dans le bureau de son père, il est lui-même aujourd'hui enseignant de langue française. Il fait de cette langue son outil d'expression et de pensée.