Cahiers Pierre Michon 4
Considérée comme un événement poétique, la parution de J'écris l'Iliade a été accompagnée par une critique nombreuse et manifestement conquise. On salue une véritable apothéose, le fait d'un écrivain « superlatif et grandiose » en proie à une « hybris extraordinaire et proprement sublime ». On relève, inaugurées par La Petite Beune (2023), l'audace, l'allégresse et l'euphorie énonciative d'une nouvelle écriture totalement « désinhibée » : autodérision, mégalomanie rieuse, ivresse langagière oscillant entre l'épique et le comique – toutes marques d'une « vita nova », d'un désir souverain, résurrectionnel, inauguré par ce retour à Homère. En bref, on célèbre un récit éblouissant, érudit, audacieux, sensible et profond, dans la fulgurance d'images « inattendues, aiguisées, allègres ». Pierre Michon lui-même a accompagné cette publication en accordant six entretiens auxquels il faut ajouter celui, recueilli par Augustin Trapenard pour La Grande Librairie, diffusé dans l'émission du 12 février 2025.Un tel enthousiasme de la critique – écho de celui même de Michon écrivant son Iliade – n'a rien d'excessif. Sous l'égide d'Homère, le véritable héros du livre, incarnant selon Michon « le nom de la totalité de la littérature », sa voix, son chant et « son horizon indépassable », s'écrit ici, dans le cycle des métamorphoses, la clameur épique des combats et l'appel très impérieux de la chair – car « le logos est lascif » – un livre ample, épique et parodique, érotique et sauvage.