Dans ce condensé d'explorations géopoétiques du Nord, les territoires parcourus, autant physiques qu'affectifs, sont refondés en une neuve terre de 44 poèmes unis par leur panlyrisme boréal, lunaire « dans la fracture du lac ». Un lacis de motifs relie sous l'écorce les cimes aux racines de ce livre-conifère. Le « je » y revit dans le giron d'êtres-et-lumières extrahumains : « je t'appelle, novembre, tes veines ouvertes tes heures d'airain troué tes neutres écorces ». Or, « la mutité des parchemins sans monde » se répand dans les dernières pages où souvent, seules quelques lignes affleurent. Le reste est ce « blanc silence » annoncé dans le troisième poème. Intersidéral ?Poète, compositeur et photographe québécois d'origine ukrainienne, Anatoly Orlovsky s'identifie avant tout comme citoyen du Nord, habité par ses voyages au Canada septentrional, en Islande et dans l'Arctique norvégien. Coresponsable de poésie à la revue Possibles affiliée avec l'Université de Montréal, Orlovsky a été membre de jurys poétiques au Québec et a publié dans des revues littéraires telles que Zinzac (France), Hélios (Québec) et Osiris (États-Unis). En musique, il a collaboré avec des écrivains marquants, dont l'autrice innue Joséphine Bacon. Dans les mots de celle-ci, « Le Nord [l]'interpelle » ; il est fasciné par les poètes des pays d'hiver, dont Tomas Tranströmer, Joseph Brodsky, Gaston Miron, les atomistes islandais et tant d'autres.