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Deuil Blanc

Prébay Flore
Date de parution 13/07/2026
EAN: 9782959939167
Disponibilité Disponible chez l'éditeur
Ma mère a été diagnostiquée d’une démence fronto-temporale, accompagnée de la maladie de Charcot. J’ai alors choisi de partir enIslande, dans l’idée d’un voyage introspectif. Je pensais y trouver un portrait singulier du pays, mais c’est finalement c... Voir la description complète
Nom d'attributValeur d'attribut
Common books attribute
ÉditeurPROCESS
Nombre de pages72
Langue du livreFrançais
AuteurPrébay Flore
FormatHardback
Type de produitLivre
Date de parution13/07/2026
Poids-
Dimensions (épaisseur x largeur x hauteur)0,00 x 22,00 x 27,00 cm
Ma mère a été diagnostiquée d’une démence fronto-temporale, accompagnée de la maladie de Charcot. J’ai alors choisi de partir enIslande, dans l’idée d’un voyage introspectif. Je pensais y trouver un portrait singulier du pays, mais c’est finalement celui de ma mèrequi s’est imposé à moi. Depuis l’annonce de sa maladie, je médite sur la notion de « deuil blanc » — ce deuil qui commence avant la fin,quand l’être aimé est encore là, mais déjà en train de s’éloigner. Je cherche à la représenter sans jamais sombrer dans le voyeurisme de sacondition. Des images me traversent, chargées de sensations, d’instabilité, traduisant sa disparition progressive. Peu à peu, son essencese révèle dans l’effacement : sa voix s’éteint, ses souvenirs se dissolvent, son visage devient peau craquelée. Elle s’efface lentement, nelaissant qu’une coquille vide. Cette lente disparition m’inspire une matière fragile, presque organique: le papier artisanal. J’ai choisi decollaborer avec mon oncle, artisan papetier, pour matérialiser cette transformation à travers un support vivant, évolutif, vulnérable. Face àcette fragilité de l’existence, je ressens une profonde impuissance et c’est précisément cette condition humaine que je souhaite interroger.Les paysages d’Islande, instables, entre feu et glace, incarnent à mes yeux cette tension intérieure. Ils deviennent une métaphore ducerveau malade, des neurones qui se désagrègent, comme du papier trop fin. Le hasard, l’impermanence, la fragilité : tout cela s’exprime àtravers ce support. Le papier, en se transformant, devient le témoin de mon deuil en mutation. J’y ajoute des touches de peinture, poséeslentement, comme pour prolonger le lien, enrichir la mémoire, habiter ce monde en train de se dérober. À travers cette matière, je tentede saisir la beauté éphémère de l’existence.