Dans son poème Une collecte, Frédéric Forte prélevait des fragments de phrases dans un livre de Marcel Mauss, pour les reconfigurer anagrammatiquement : c’est d’une collecte encore qu’il s’agit avec Été 18, mais cette fois-ci la contrainte est remplacée par un protocole, la page de l’ethnographe par une journée d’été, et le livre est une saison. Il s’agit, chaque jour de l’été 2018, de mémoriser un certain nombre d’énoncés dont l’assemblage donnera naissance à un poème. Ces poèmes naissent ainsi de la trouvaille, et d’une opération de bricolage. Photocopiage mental, avant écriture, de la poésie qu’on a trouvée dans la vie. Enchantement aléatoire, comme ces choses intrigantes que l’on glane, enfant, sur la plage, dont l’origine ne se laisse pas toujours deviner. Les poèmes sont accompagnés d'une postface qui en explicite le mode de composition et d’une table d'orientation des lieux de cette composition..