Perpétrés entre 1904 et 1907, les vols de la « bande à Thomas » défraient la chronique de la Belle Époque. Essentiellement commis dans des églises, en Limousin et en Auvergne, ils attirent l attention du public sur un patrimoine particulièrement convoité, celui des émaux médiévaux, témoignages exceptionnels du rayonnement de L OEuvre de Limoges dans l Europe médiévale. À l heure où se développe une culture de masse en ce début de XXe siècle, ces faits divers sensationnels bénéficient d une forte exposition médiatique, nationale, voire internationale. Au-delà de la simple chronique criminelle, les méfaits de ces « pilleurs d églises » permettent d étudier un épisode oublié de l histoire du patrimoine en France, lorsque se conjuguaient volonté de protection de l État, intérêt du public, avidité des collectionneurs, notoriété croissante des oeuvres et enjeux politiques autour de la loi de 1905. Ces faits divers offrent aussi, grâce à la richesse des sources, la possibilité pour le lecteur de se plonger dans le monde méconnu des trafics d oeuvres d art et de comprendre les enjeux d une question qui, en son temps, suscita de nombreux débats politiques et inspira certaines des aventures d Arsène Lupin.