La microbiologie, née à la fin du XIXe siècle, a rapidement trouvé des applications militaires avant de devenir le support d’une course aux armes biologiques conduite par les grandes puissances. De la Première Guerre mondiale aux dernières années de la décennie 2010, ce volume retrace l’histoire de cette compétition cruelle et absurde. Il raconte le renoncement des puissances moyennes, le développement démesuré puis la ruine des arsenaux biologiques au sein des empires finissants, l’intégration des recherches militaires et civiles aux États-Unis, puis la transformation des armes biologiques et de leurs contremesures sous l’effet de la biodéfense, des biotechnologies et des intérêts privés. À travers l’étude du complexe militaro-industriel, des agences de renseignement, des institutions de santé, des fondations privées et de leurs réseaux d’influence, il montre comment la préparation permanente à une menace biologique présentée comme imminente a favorisé l’émergence d’un complexe biosécuritaire transformant progressivement les rapports entre santé, sécurité et pouvoir. Il examine également comment des acteurs publics, militaires ou civils, chargés de protéger les populations d’un péril pandémique, en sont venus à produire eux-mêmes les conditions des crises qu’ils étaient censés empêcher. Deuxième volume de la série La Manufacture des pandémies, « Armes biologiques et péril sécuritaire » propose de relire l’histoire récente des pandémies à la lumière d’une histoire méconnue des arsenaux biologiques et des logiques sécuritaires qui en découlent.