Dits et maximes de vie
« La décentralisation comme la liberté, écrit Tocque-ville,est une chose que les chefs du peuple promettent mais ne donnent jamais, pourl’obtenir et la garder le peuple ne doit compter que sur lui. » Dans lessociétés démocratiques, la liberté est donc le bien qui doit être défendu avecle plus de vigilance : « Le despotisme me paraît particulièrement à redouterdans les âges démocratiques. » C’est cet amour de la liberté, écrit-il, quia manqué aux Français dans les différentes situations qu’ils ont dû affronter :« Si nous montrions pour la liberté un goût plus vif et plus ferme, ilfaudrait bien que les hommes politique nous aidassent à le satisfaire. Mais ilscroient pouvoir ne s’occuper que d’eux seuls parce que nous semblons nousoublier nous-mêmes. »Toutà l’inverse, les institutions américaines ont su donner à la liberté des basessolides et pérennes en privilégiant au maximum la décentralisation administrativeafin que les affaires locales soient gérées au plus près des citoyens, mais en acceptantun certain centralisme pour assurer la cohérence et l’efficacité de l’ensemblefédéral.Dans le même temps, en France, lejacobinisme prenait le relais du monachisme pour centraliser à tout va etréprimer, sous prétexte d’égalité et de rationalité, toute spécificité et touteinitiative locales, entraînant d’année en année une frustration et une inertiecroissante des citoyens. Les choses ont-elles changé deux siècles après ? Commesi cette maladie française qu’avait identifiée Tocqueville était inguérissable…