La reconnaissance de la communauté méditerranéenne à l’épreuve des pouvoirs de l’anthropocène
L’insularité est un concept dont on ignore en général l’utilité. Il est descriptif plutôt qu’opérant pour saisir les motifs qui animent habituellement l’existence des habitants des îles.Comprendre leur rapport au passé, aux leurs, aux autres, à leurs territoires physiques mais aussi mentaux, leur être-au-monde dans une époque où la notion d’anthropocène s’impose comme cadre pour penser l’homme contemporain est un défi qui s’impose à tous : aux chercheurs en sciences humaines et sociales – sociologues, historiens, linguistes, économistes, etc. – tout autant qu’aux politiques, aux analystes et aux philosophes, voire aux acteurs eux-mêmes – acteurs sociaux et culturels, militants…C’est dire la complexité de la question posée par la présente réunion d’articles : qu’en est-il de l’insularité et de son « avenir » au moment où la nécessité de saisir les dynamiques mortifères de l’humanité devient toujours plus impérieuse ? La stabilité des cultures îliennes jusqu’à nos jours est-elle une forme sur laquelle appuyer des politiques de résistance, voire de résilience. L’île-laboratoire est-elle toujours une idée d’avenir ? Lorsque la transition écologique appelle autant de transitions dans tous les domaines de la vie sur terre, quel rôle peuvent tenir les îles, confettis dispersés et fragiles ?Les trente chercheurs réunis ici, venus des proches horizons insulaires (Corse, Canaries, Sardaigne, Sicile, etc.) proposent, chacun selon sa discipline, une partie de la réponse et une certitude partagée : l’île est un formidable observatoire de la destinée humaine.