L’Asie d’Abou Dabi au Japon
Et s’il était possible de comprendre les relations internationales à travers une nouvelle grammaire ? Trophées de guerre, ruines réinvesties, musées-monde, oeuvres revendiquées ou délibérément détruites : loin d’être un héritage figé, le patrimoine est devenu un formidable instrument de puissance. Il cristallise les passions des peuples, nourrit les rivalités entre les États et redessine les rapports de force internationaux. Pour saisir ces enjeux, Emmanuel Lincot invite à sortir des représentations postcoloniales et du face-à-face stérile entre Nord et Sud. À travers six cas emblématiques du continent asiatique — Abou Dhabi et son avant-garde muséale, le monde chinois et ses stratégies identitaires, le vandalisme en terres d’Islam, le Japon et son rapport ambivalent à la mémoire, le patrimoine disputé entre l’Inde et le Pakistan, et l’archéologie chinoise hors de ses frontières — il décrypte les usages diplomatiques de l’art et de la culture, entre w, luttes d’influence et désoccidentalisation du monde. Une plongée éclairante au coeur d’une diplomatie nouvelle, où le passé devient un enjeu d’avenir.