C’est l’histoire d’une époque de feu et de sang au coeur de l’Europe, les années de plomb. Attentats à la bombe, enlèvements, braquages, assassinats, tentatives de coups d’État, l’Italie de la décennie 1970 fut marquée par une extrême violence politique et criminelle. A 15 ans de prospérité économique ont succédé un chômage de masse et une désindustrialisation massive. La violence et la lutte armée deviennent une option politique pour de nombreux groupes qui prennent les armes dans la perspective de déstabiliser l’Etat. Certains sont marxistes, d’autres néo-fascistes. Leur histoire, leurs objectifs et leurs méthodes sont incomparables mais tous tentent de se raccrocher à un passé disparu. Au même moment, le crime organisé prend son essor. La révolution sexuelle et les mutations sociétales percutent un pays de tradition catholique. En à peine plus d’une dizaine d’années, l’Italie est traversée par des tensions profondes. C’est cette histoire que raconte Rosso sangue, à travers ce qui en fût le premier et plus important témoin en temps réel : le cinéma. Des chefs d’oeuvre signés par les plus grands auteurs aux productions commerciales les plus débridées et les plus inventives, reflets sublimés d’un inconscient populaire à ciel ouvert, le cinéma italien des années soixante-dix a été l’écho puissant, aussi bien documentaire qu’esthétique, d’une société en ébullition, alors qu’il était en train de vivre son dernier âge d’or. Avec Rosso sangue, Jean-François Rauger raconte l’histoire politique du cinéma italien des années 1970, tout en revisitant, par la cinéphilie, celle de l’Italie durant cette véritable décennie de plomb.