La série Somnium est élaborée suite aux premières lectures de Laurent Millet du texte de Kepler qui porte ce titre. Son atelier estrapidement devenu un écho lointain de celui des hommes de science de l’époque de Kepler, mâtiné d’influences issues des carnetsde travail de Graham Bell sur les cerfs-volants, de certains autoportraits des primitifs de la photographie, de représentationsdidactiques ou pédagogiques, des éléments de communication (les archives de la Nasa, notamment les images de laboratoires desimulation des années 50).La série Astrophile, quatre ans plus tard, est une relecture de Somnium conditionnée par l’écoute répétée du Discours aux Animauxde Novarina. Millet s’imagine dans cet espace là, dans cette langue, dans cette solitude à cheval entre le mode d’emploi et lerécit biblique. Il commence à dessiner des stèles funéraires destinées à apparaitre dans un paysage désertique. Il rapproche lesconstructions des souvenirs qu’il a de certaines maquettes de théâtre, de machines, d’architectures, des observatoires de Jai Singh.Un théâtre en plein air se met en place, associant l’estran dégagé par la puissance lunaire, hanté par ces installations de bois et decarton, d’images collées qui matérialisent une certaine idée de la mesure, de l’observation astronomique, du voyage lunaire.