Le stand-up émerge au début du XXe siècle lorsque les comiques de vaudeville arrachent leur nez de clown pour s’adresser directement au public, sans accessoire ni costume. Depuis, la forme a prospéré dans les bars de la mafia, les cafés de Greenwich Village, les comedy clubs et les late shows, avant d’essaimer sur les plateformes de streaming et les réseaux sociaux. Sous l’apparente simplicité d’une conversation improvisée, le stand-up a mobilisé et réinventé des procédés comiques débordant largement la blague. Il s’est ramifié en une multitude de sous-genres en puisant dans l’observation du quotidien, la satire sociale, l’humour noir et le récit de soi, sans s’interdire de lorgner du côté de l’absurde, de la performance artistique et de l’expérimentation.Cette Histoire du stand-up américain explore une forme de comédie qui a étendu le domaine du risible et montre comment ses praticiens, après s’être saisi des questions identitaires et avoir déconstruit les normes sociales, se sont retrouvés au cœur de la guerre culturelle dans une Amérique idéologiquement déchirée.