Si Molière a immortalisé Harpagon au théâtre, la Kabylie a forgé la légende d’Amar n’Oulach par la tradition orale. Ce paysan montagnard poussait l’avarice jusqu’à l’absurde, vivant dans une peur obsessionnelle du manque et transformant chaque besoin en une lutte acharnée contre la dépense. Malgré ses calculs minutieux, la vie déjouait ses tentatives de contrôle, lui échappant à mesure qu’il cherchait à tout retenir. Refusant de jouir de ses biens, il accumula une richesse stérile, cachée et jamais partagée. À l’agonie, il pleura sa fortune plutôt que de chercher le salut. La découverte posthume de son trésor révéla l'absurdité de son existence : une fable tragique illustrant qu’à force de vouloir tout conserver, on finit par perdre l’essentiel.