L'éthique s'est imposée dans les débats contemporains comme une référence omniprésente. Médecine, sciences, entreprise, intelligence artificielle, environnement : partout l'éthique est invoquée pour désigner l'exigence d'un comportement juste ou acceptable. Le droit semble pourtant entretenir avec elle un rapport plus discret, parfois incertain, alors même que l'un et l'autre se rencontrent dans une même attention portée aux conduites humaines, à leur appréciation et à leur régulation. Cet ouvrage propose d'éclairer, dans la longue durée, les relations entre droit et éthique. De l'Antiquité romaine à l'époque contemporaine, il montre que le juriste ne se borne jamais à appliquer mécaniquement des normes générales. Il lui faut encore interpréter, ajuster, qualifier et convaincre, en recherchant, parmi plusieurs solutions possibles, celle qui pourra être tenue pour la plus juste. À travers une série d'études de cas, ce volume met ainsi en lumière la manière dont des notions telles que la bonne foi, l'équité, les bonnes moeurs, l'humanité ou encore la responsabilité sociale viennent nourrir, orienter ou infléchir le raisonnement juridique. À la croisée de l'histoire du droit, de la théorie juridique et des questionnements les plus actuels, ce livre offre des repères précieux pour comprendre comment le droit, aujourd'hui encore, se confronte à l'exigence éthique dans la construction des solutions juridiques.