Le cas de l'Afrique
Aux XIXe et XXe siècles se met en place, dans l'espace colonial francophone et notamment africain, un régime juridique spécial sur les eaux. La France y impose un modèle juridique centralisé faisant de l'eau une propriété publique afin de contrôler les territoires et d'exploiter leurs ressources en eau. Ce droit se développe dans des sociétés fondées sur des modes de gestion sacrés, collectifs et oraux, révélant une pluralité de normes. De cette rencontre naissent tensions, adaptations et résistances. La marginalisation de ces usages de l'eau, pourtant toujours vivants, invite à interroger les voies de leur reconnaissance formelle. Les débats actuels sur la personnalité juridique des eaux apparaissent ainsi sous un jour nouveau, prolongeant des conceptions anciennes. En croisant histoire, droit et anthropologie, cet ouvrage met en évidence les logiques de pouvoir qui traversent le droit de l'eau et en éclaire les prolongements contemporains.