L’air de rien (hantologie) réunit des textes écrits lors du projet « Ces présences invisibles : hantise et soin » qui s’est déroulé entre décembre et juillet 2025 au sein du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux où patients et patientes, soignants et soignantes vivent quotidiennement des expériences intenses, des “épreuves” selon Claire Marin. C’est auprès des personnels soignants et administratifs que l’auteur Thibault Marthouret est intervenu lors d’une série d’ateliers d’écriture qu’il a conçus autour des notions de « hantise » et de « fantôme ». Ces termes sont à entendre ici dans la pluralité de leurs acceptions : patients dont le souvenir hante les soignants, expériences délicates qui restent en mémoire, deuils difficiles voire impossibles, mais aussi épuisement qui peut amener les personnels éreintés à n’être plus que l’ombre d’eux-mêmes, à hanter les couloirs, voire à disparaître dans l’institution. En complément de ce “devenir-fantôme”, c’est aussi ce qui reste attaché, amarré aux lieux de soin, ce qui refuse de céder la place, de s’évaporer, qui a fait partie du champ d’étude des ateliers proposés par l’auteur. Les textes de Thibault Marthouret relient et fournissent un cadre aux voix des participants et participantes aux ateliers. L’auteur interroge la nature et la fonction des fantômes de manière poétique. Il tente de donner corps à ces évanescences et de questionner leur importance dans des situations tantôt intimes, tantôt sociales.