Prémisses et impacts de l'indemnisation de 1825
On connaît bien aujourd'hui l'histoire de la rançon qu'Haïti dut verser à la France pour la reconnaissance de son indépendance. On connaît moins bien, voire pas du tout, la géographie de cette dette. Dans quelles conditions les biens sur lesquels fut fondée l'estimation de l'indemnité versée aux descendants de colons ont-ils été produits ? Comment ont évolué les paysages, quel est le bilan de deux cent vingt-deux ans de pratiques agraires qui ont totalement transformé l'économie, quelles sont les potentialités de ces zones aujourd'hui ? Pourquoi la mer qui entoure cette île est-elle si absente ? Quel est le lien (même lointain) entre cette indemnisation et la situation sécuritaire actuelle ? Qui a réellement profité de cette indemnisation ? Quelles sont les chances légales du légitime remboursement de cette dette par l'Etat français ? En étudiant les conditions écologiques, économiques et sociales de la production de la richesse qui servit au jeune état d'Haïti à indemniser les descendants de colons après la guerre de l'indépendance, cet ouvrage montre la diversité des paysages et des cultures du pays en analysant particulièrement, au fil d'une étude abondamment illustrée de cartes, trois zones géographiques : la plaine sucrière irriguée au Quartier Morin, la montagne caféière à Dame Marie et la plaine sèche de Fort Dauphin. Cette confrontation de deux périodes soulève et éclaire bien des questions contemporaines, participant d'une approche à plusieurs échelles, de la géopolitique des rapports de force entre les Etats à la dialectique de l'appropriation foncière par les paysans libérés de l'esclavage. Cet ouvrage est le troisième volet d'un triptyque débuté avec Haïti-France. Les chaînes de la dette. Le rapport Mackau (1825), puis Après Vertières Haïti, épopée d'une nation.