Roanne monte à bord d’un train, comme le lecteur entre dans une parenthèse un peu suspendue hors du temps. A bord, elle croise le lecteur qui devient son confident de voyage. Au fil des chapitres, construits comme autant de nouvelles autonomes, elle explore les fragments de son existence. Chaque arrêt marque un thème, une blessure ou une révélation : l’amour et ses élans, l’oubli et son vertige, le renoncement face aux rêves brisés, l’abandon qui creuse le manque, jusqu’à l’ombre de son suicide qui plane comme une issue silencieuse. Elle évoque des souvenirs, des rêves qui l’ont marquée, des traumatismes qui la hantent encore. Ces images laissent place au renoncement puis doucement à l’idée du suicide qui se profile comme une pensée persistante, un murmure qui vient accompagner le voyage. Lorsque le train approche de sa destination finale, le lecteur comprend que le récit touche à sa fin. Le livre devient une métaphore de sa vie ; la dernière page se tourne au même moment qu’elle rend son dernier souffle.