Le témoignage de Marie-Louise Le Bozec
Tout témoignage vaut son pesant de vie et de vérité. Un de plus, dira-t-on ! Rien que pour le camp de Ravensbru¨ck, où Marie-Louise Le Bozec n’a passé « que » six mois sur les 45 mois de sa détention entre Lorient et Neubrandenburg, ce sont près de soixante-dix témoignages qui ont été publiés entre 1945 et 2025. Qui ne connaît Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Simone Veil ? mais qui connaît Yvonne Baratte, Léa Douheret, Lucienne Simier, ou Marcelle Soulier ? Et il y a encore cette autre Bretonne, Henriette Le Belzic, dont les souvenirs ont été publiés en 2018, mais leurs destins ne se sont pas croisés. Le témoignage de Marie-Louise Le Bozec s’ajoute à cette longue liste, pourtant microscopique si l’on pense à toutes celles qui ont péri là-bas et à celles qui en ont été rescapées.Le récit de la Lorientaise, que nous pouvons enfin lire quatre-vingts ans après les faits, témoigne pour elle, mais aussi, et peut-être en premier lieu, pour les autres, pour toutes celles avec qui elle a vécu entre Bretagne et Allemagne : femmes de tous âges, francophones, et aussi non francophones avec lesquelles, on le comprend, elle n’a pu tisser de liens aussi durables et profonds. L’amitié dans l’horreur. Quelques-unes apparaissent dans son récit pour la dernière fois, comme Marcelle Dorr, Tilly de Vries, Denise Tourtay, d’autres qu’elle reverra plus tard, comme la mystérieuse Germaine Fauchard.Un récit poignant, écrit avec clarté, par une femme de caractère, une résistante qui n’a rien lâché aux oppresseurs et qui a toujours voulu témoigner.