Travail, logistique et mondialisation du textile en Jordanie
L’insertion fragile de la Jordanie dans les chaînes de valeur mondiales du textile-habillement résulte d’un agencement géopolitique et économique mis en place à la fin des années 1990. Les zones industrielles qualifiées (QIZ), dans le sillage du traité de paix israélo-jordanien et des accords de libre-échange avec les États-Unis, ont façonné la Jordanie comme plateforme d’assemblage périphérique dépendante de capitaux étrangers, d’intrants importés et d’une main-d’œuvre principalement asiatique. La crise du blocus de la mer Rouge (2023-2024) révèle la vulnérabilité structurelle de ce mode d’intégration : tensions entre promesses de connectivité globale ; matérialité des infrastructures logistiques ; expériences du travail. Ce livre propose une lecture critique de la mondialisation, attentive à ses asymétries, ses régimes d’exception et ses points de rupture, depuis les infrastructures portuaires et logistiques jusqu’aux espaces du travail et aux dortoirs des travailleuses migrantes.