Réflexions sur l’humanisme et sa crise
Que reste-t-il de l’humanisme quand on prête aux machines une intelligence, quand la destruction même de l’humanité s’inscrit avec de plus en plus d’insistance dans notre horizon presque immédiat?: catastrophes écologiques, épuisement des ressources, menace d’une apocalypse nucléaire?? Nous ne sommes pas «?trop humains?», mais trop peu humains. L’humanisme ne peut rester une pensée sublime pour une minorité de lettrés, comme il le fut dans le passé.Au contraire, l’humanisme n’a de sens aujourd’hui que s’il est la source d’un programme politique et moral, d’une pratique (praxis). Or cette pratique s’impose et s’imposera demain encore plus, non parce que tous seront convaincus théoriquement, mais parce qu’il n’y aura plus d’autres solutions, que ce sera une question de vie ou de mort pour l’humanité.