Un profil sociologique inédit émerge depuis 2000 et s’intensifie après 2011, sans être encore nommé. Ce groupe rompt avec le poncif de l’immigré du siècle passé, au faible capital scolaire et à la maîtrise limitée de la langue. À l’inverse, ces nouveaux arrivants installés en Europe, et singulièrement en France, sont diplômés. Ils incarnent une figure radicale de transclasses où la trajectoire sociale se lie indissolublement à l’exil géographique. Loin d’être un simple choix individuel, leur départ révèle des déterminismes profonds. Pourquoi les qualifiés du Sud postcolonial ne voient-ils désormais d’autre destin que l’ailleurs ? Cette approche pluridisciplinaire explore les tensions d’un groupe social assurant la jonction entre deux mondes. Elle démontre que cette migration est un acte politique, indispensable pour saisir la réalité internationale.