Au Havre, la nuit tombe sur une mer en furie. Dans le phare de la jetée Nord, le vieux marin Talbot veille avec Raymond, jeune homme marque par une date maudite : le 12 mars, quand la mer a pris son père et ses frères, et les amis de Talbot. Depuis, Jeanne - la fille de Talbot - et Raymond vivent avec ce deuil, entre tendresse et peur des tempêtes. Le 26 mars 1882, l'ouragan redouble. Un navire est en détresse à l'entrée du port. Sur les quais, la foule retient son souffle : faut-il lancer les canots, encore, au risque de tout perdre ? Entre devoir et amour, Raymond s'embarque. La mer, inassouvie, chavire, disperse, arrache les hommes - et laisse croire a l'irreparable. Un an plus tard, un transatlantique ramène un survivant que tous croyaient mort. Recueilli par des marins et entraine jusqu'en Amérique, Raymond revient au Havre avec une histoire de sauvetage, de fièvre et de folie. Mais comment reparaitre devant Jeanne, qui vit encore avec son portrait serre contre ses lèvres ? Un épisode bref et intense, ou le roman maritime se fait drame humain : tempête, naufrage, courage collectif et coeur brise, sous la devise des sauveteurs : sauver ou perir.