L’unité en soi, un jour s’écroule, fin de l’imposture. Deux issues possibles. Pour l’un, malgré la découverte de la falsification, rien ne change. S’il a inventé et romancé c’est afin de maintenir vivante une cause dont il se croit le chantre vertueux. Pour l’autre, quand la nasse se ferme insensiblement sur lui, quand des éléments font craindre un télescopage entre le monde patiemment construit et la contradiction, alors l’effondrement redouté impose d’effacer les êtres. L’urgence meurtrière s’impose. Le moi reste intact, l’acte meurtrier maintient la fiction et l’illusion. Le narcissisme garde sa cohérence et son unité, avec férocité, ne renonçant à rien, au mépris des indices de réalité concordants, laissés en souffrance, sans possibilité d’interprétation.Le projet de l’imposteur ? Ne pas se connaître, fuir sans se retourner, un peu passe muraille, un peu voyageur sans bagage.