CERI PRESSES
Un jeudi, à onze heures vingt, un professeur de philosophie sans argent marche trois kilomètres vers le seul restaurant que sa carte connaisse. Sur la porte vitrée, une feuille A4 : « Fermeture exceptionnelle. Se rendre au restaurant central. »Il faut prendre un bus. Dans ce bus montent, arrêt après arrêt, toutes les voix de l'époque : contrôleurs, cadres, guichets, consignes. Au terminus, le corps de l'enseignant, épuisé par la précarité, dépose son bilan et s'effondre.Commence alors un vol surréaliste et vertigineux qui ne se pose jamais : le vol AF-1807. Dans cette cabine allégorique où les plus grands philosophes (Hegel, Nietzsche, Derrida, Bourdieu) ont un siège attribué, un commandant invisible annonce que la terre n'est plus une base de référence. Face à la peur du vide et à l'aliénation algorithmique, l'élite intellectuelle tente désespérément de se sauver par le concept, mendiant la validation d'un monde devenu fou. Mais comment théoriser l'absurde quand la trivialité du corps une simple vessie pleine vient balayer des siècles de pensée académique ?Entre réalisme viscéral et hallucination métaphysique, Le service commencera quand il sera trop tard est une oeuvre d'une lucidité implacable. Un texte brutal, cynique, et profondément bouleversant, qui nous rappelle que face à la chute de nos systèmes et à la vanité du monde, seule la chair résiste.