Huit cents mètres, mille six cents pas jusqu’à toi...Jusqu’à toi, Liberté tant désirée, tant rêvée ! Seulement autant de pas ?Peut-être… Mais ces pas sont épineux pour celui qui est chassé par les ravages de la guerre ou par l’oppression de la dictature et qui est accueilli avec hostilité par celui qui a eu la chance de naître sur un coin de terre éclairé par toi, Liberté. Pour celui qui laisse derrière lui une famille, des amis et un magnifique pays décimé par les maux, ces pas coûtent de la souffrance, ils coûtent la vie.La sensibilité et le talent de Simona Ferrante, l’autrice de ce roman, ont réussi à pénétrer les mystères de ces exilés du destin. Elle explore l’exil à hauteur d’homme, dans sa complexité et sa fragilité.Et fait émerger, au cœur de ces parcours, des figures de lumière : Baka, Hélène, Jacques… Des oasis qui, heureusement, subsistent encore sur cette terre.On peut dire que l’autrice est dotée de la capacité de percevoir le bien et le mal chez l’homme-victime et ceux qui l’entourent, dans toute leur profondeur, diversité et complexité, raison pour laquelle la lecture de ce livre est une véritable leçon de vie.Cornelia Petrescu, écrivaine franco-roumaine***Dans une Europe marquée par les fractures de l’Histoire, des destins venus d’ailleurs se croisent à Chambéry, dans un centre d’accueil pour migrants : Anja a fui les tensions de l’ex-Yougoslavie en pleine désintégration, Hélène, directrice du centre, issue d’un milieu privilégié, lutte entre engagement et impuissance, Adrian, réfugié roumain hanté par son passé, cherche un équilibre qui lui échappe, tandis que Branko porte en lui les traces d’une guerre qui ne s’efface pas. À travers ces trajectoires entremêlées, Simona Ferrante raconte des vies fragiles, faites de départs, de rencontres et de résistances, et pose une question essentielle : que signifie encore “chez soi” ?