Saint Jean d'Acre, début du XIXe siècle. La ville ploie sous le joug de l'impitoyable Ahmad Pacha al Jazzar, qui mène une guerre commerciale aux marchands européens établis dans cette échelle du Levant. Un homme est chargé d'appliquer sa politique. Il s'appelle Antoine Catafago et descend d'une famille d'origine génoise installée à Alep dès le milieu du XVIIIe siècle. Ambitieux, habile, il s'alliera au régisseur juif du pachalik, Haim Farhi, et sera témoin des événements qui vont bouleverser cette région du monde pour les siècles à venir : la sanglante expédition de Bonaparte en Syrie Palestine et l'échec du siège d'Acre , le déclin de l'Empire ottoman et les prémices du colonialisme européen , les conquêtes territoriales d'Ibrahim Pacha, le fils aîné et bras armé du tout puissant vice roi d'Égypte, Muhammad Ali , les rivalités européennes au Mont Liban, qui vont y exacerber les tensions entre druzes et maronites, préludant à la chute de l'émir Bachir II et la fin de l'émirat du Mont Liban? Consul de plusieurs puissances européennes, fait comte de Latran par l'Église catholique, Antoine Catafago est l'incarnation parfaite de l'esprit levantin, cosmopolite, à cheval sur plusieurs cultures, occidentale et orientale, européenne et arabe, chrétienne et musulmane. À travers son destin hors du commun, c'est celui du Levant tout entier qui se joue dans cette saga épique mêlant faits réels et fiction romanesque. Antoine Catafago finit ses jours à Sidon (Saïda), au Liban, comme consul d'Autriche. Sa sépulture, ainsi que celle de son épouse Regina, reposent en l'église latine qu'il fit construire où, encore aujourd´hui, on peut voir leurs pierres tombales.