Alors qu'on nous annonce faussement depuis une décennie la mort du support physique face au streaming, il est temps de célébrer ce demi-siècle qui a révolutionné la façon de voir les films, et cette génération de cinéphiles née avec les vidéo-clubs et le dvd. C'est ce que raconte Vidéo, Vidéos. « Comme cinéphile, la vidéo bouleverse totalement ma vie. Avoir un film en vidéo m'en donne une connaissance plus intime. Et je peux le visionner dans des conditions que j'apprécie. En tant que cinéphile, je suis un fanatique de la vidéo. » Cette citation bien connue de François Truffaut, on la trouvait en amorce des VHS de la collection Les Films de ma vie. Elle traduit parfaitement la révolution qu'a été le magnétoscope à la fin des années 70. Il était désormais possible pour les cinéphiles de voir et revoir les films, de se constituer sa propre cinémathèque, chez soi, pour toujours. Cette révolution démarrée il y a maintenant cinquante ans avec l'apparition de la VHS et des premiers vidéo-clubs n'a jamais été racontée. C'est une folle aventure technologique mais surtout humaine, avec quelques aventuriers comme René Chateau, à une époque où la chronologie des médias n'existe pas encore, où la piraterie est déjà bien présente, et où les vidéo-clubs prennent le relais des salles de quartier qui ont progressivement disparu au cours des années 70-80. Avec l'arrivée du LaserDisc et du DVD, la vidéo va connaître ensuite une autre révolution, avec des cinéastes qui s'intéressent désormais à ces nouveaux supports physiques et participent activement à la préservation de leur travail et aux bonus. Des cinéastes comme Jacques Audiard, Martin Scorsese, François Ozon, Jean-Jacques Annaud, Steven Spielberg, Brian De Palma, Steven Soderbergh enregistrent des heures d'entretiens, ouvrent leurs archives pour raconter à leur manière leur film, comme l'explique avec enthousiasme Bertrand Tavernier : Quand j’ai enregistré des commentaires audio sur mes films, j’ai essayé de donner un maximum d’informations, de préciser certaines ambitions, la manière de filmer, de cadrer, de monter. Là, je peux analyser le pourquoi de certains plans, expliquer, ou encore raconter comment on a tourné certaines scènes. Les réalisateurs peuvent rendre compte de l'ensemble du processus de création, que ce soit en analysant quelques scènes ou la totalité du film, et ils peuvent dire des choses plus intéressantes que dans des interviews où on leur pose toujours les mêmes questions et où on les confronte trop rarement aux options esthétiques. Au bout du compte, revoir mes films m’a surtout rappelé une chose dont on ne parle jamais assez : le plaisir. Le plaisir que j’ai pris à les écrire, les tourner, et élaborer la mise en scène. Le DVD devient alors une nouvelle façon de raconter l'histoire du cinéma, tout en montrant des montages alternatifs, des scènes coupées, des archives jamais exploitées jusque-là, et offrant ainsi une proximité inédite des cinéphiles avec les films. À travers de très nombreuses archives, de photos, de témoignages (William Friedkin, David Lynch, Jean-Jacques Annaud, Bertrand Tavernier, André Bonzel, ...), des textes inédits, ce livre album brosse 50 ans de vidéo, de cinéma !