«?Sans savoir où ils vont, ils voguent. Emportant avec eux un peu du gris, dont ces derniers jours semblent tissés. Ils vont plus loin que les rêves et reviennent plus grands que les cauchemars, laissant derrière eux des traînées évanescentes auxquelles semble appartenir la tranquillité de tous les sommeils. Belle est l’errance qui n’aura jamais de but, qui n’aura jamais de fin ni de conscience. Belle est l’errance qui se teint du monde sans jamais l’avoir vu et sans jamais en ressentir le poids. Nous, nous n’avons que les errances passagères des contemplatifs, dont nous cherchons à nous faire pardonner. Mais, en secret, dans un cri de l’âme que nous étouffons, nous souhaiterions tous être des nuages aveugles.?»Après avoir reçu le prix Michel Burg en 2008 pour son premier ouvrage, Pertes noires, s’ensuivront, publiées l’année suivante, quelques autres publications, dont Du devenir en 2019 et Les égouts – Ça ira, t’en fais pas en 2024.