« Le jour du départ, c'est mon père qui m'accompagne à la gare. La séparation est un grand moment d'émotion. Je n'avais jamais vu mon père pleurer. Je comprends combien cet homme, habituellement fermé dans ses sentiments, est malheureux de voir partir son fils qu'il aime. Je voudrais lui dire : « Papa, moi aussi, je t'aime et tu vas me manquer. » Je n'en ai pas le temps, car l'autorail quitte déjà la gare. Je vois la silhouette de mon père s'éloigner, toujours en poussant son vieux vélo, le dos courbé par le chagrin. Pour moi, c'est le début d'une longue aventure. »Gérard-Pierre Viger débute sa vie active à l'âge de treize ans et demi. À dix-sept ans, il s'engage dans la Marine nationale et y servira durant trente-huit années. Malgré un début de carrière modeste, il a gravi les échelons. Aujourd'hui à la retraite, il s'adonne à sa passion, le karaté.