De l'été 62 au règne de la caste militariste
Un livre de spectres, où les morts convoquent les vivants à leur propre procès. Ce second tome nous plonge dans les limbes de la République militaire algérienne. L'été 1962 s'y dresse non comme une libération, mais comme un péché originel : l'armée des frontières confisque l'indépendance, et les généraux deviennent les vrais maîtres du pays. Bouteflika n'y est pas un réformateur, mais l'ultime masque d'un pouvoir né du sang, raffiné dans le silence. Dans un style baroque, dramatique, le livre donne voix aux victimes oubliées, aux enfants égorgés, aux héros trahis. Les dialogues d'outre-tombe révèlent ce que l'histoire officielle a voulu taire : que la paix fut un marché, que la réconciliation fut une amnésie. Ici, la prose est tribunal, la mémoire, scène tragique. Ce livre est une plainte lancinante : il ne raconte pas l'histoire, il la hante.