La littérature pour penser les identités de genre et les sexualités
Inégalités femmes-hommes, violences sexistes et sexuelles, discriminations à l’encontre des sexualités non hétéronormées – autant de questions sensibles et qui rendent problématique la lecture de nombreuses œuvres d’art. Faut-il encore lire les scènes de viol chez Ovide ou chez Sade ? Que faut-il faire des représentations stéréotypées de relations de domination de genre qui alimentent notre histoire littéraire et nourrissent nos imaginaires ?Pour Anne Tomiche, la question n’est pas de savoir s’il faut lire ou non ces œuvres, ni même si l’on peut encore les lire aujourd’hui, mais de savoir pourquoi et comment les lire.Pourquoi ? Pour renouveler nos lectures des œuvres du passé, mais aussi pour mieux comprendre les termes des débats : à quoi renvoie la « culture du viol » ou la « fluidité du genre » ? Quels canons façonnent notre mémoire culturelle, et comment ?... Par une approche spécifiquement littéraire, qui fait place aux détails textuels, aux tensions, et sait donner sens aux formes et à leur puissance.On découvrira ainsi comment l’abbé de Choisy, auteur de contes au XVIIe siècle, nous éclaire sur la fabrique du genre sexué, comment Théophile Gautier, tout en mettant en lumière la « fluidité du genre », participe de la construction d’un imaginaire de la « culture du viol », ou encore ce que Duchamp, le père de l’art moderne et conceptuel, nous dit sur le male gaze…