Du contrôle social à une praxis émancipatrice
Le travail social est né pour répondre à la question sociale et réguler les désordres alimentés par les inégalités produites au sein de la modernité. Dans ce cadre, le champ social s’est historiquement constitué dans une tension permanente entre assistance, solidarité, intégration, protection et contrôle des populations les plus vulnérables, perçues comme potentiellement dangereuses pour les ordres établis.Le travail social est donc profondément ambivalent : il représente un acteur central et indispensable de maintien du lien social et d’émancipation dans les sociétés contemporaines mais il exerce également toujours, quelles que soient les époques et quoi qu’on en dise, une fonction de contrôle social et de neutralisation des capacités de révolte des laissés-pour-compte du capitalisme.Au-delà de cette ambivalence, ce livre propose un plaidoyer pour une « praxis émancipatrice » dans le travail social et la formation sociale.Dans la pratique, il s’agit de former des intervenants sociaux en capacité d’articuler « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité », d’interroger les mutations du contrôle social, de développer une réflexivité critique sur les transformations néolibérales de l’intervention sociale et de participer, par leurs actions et leurs engagements, à la construction d’un travail social lucide sur ses ambivalences et contraintes mais résolument orienté vers l’émancipation.