Mêlant récit romanesque et enquête historique, l'auteur raconte l'histoire d'une des oeuvres les plus étranges de James Ensor : L'Intrigue . Inspiré par l'ambiance des carnavals d'Ostende, il utilise ici le motif du masque pour proposer une vision critique de la société. Né à Ostende, face à la mer du Nord, le peintre belge James Ensor (1860-1949) raconte ici sa propre histoire. Une enfance habitée par le carnaval, les objets étranges de la boutique familiale, les squelettes de soldats espagnols sur la plage, la violence sourde du foyer... Dans un récit à la première personne, tour à tour lyrique, rageur et cocasse, le peintre retrace son rejet de l'académisme, sa colère contre les conventions, son désir farouche de créer une œuvre libre, radicale, troublante. Masques, figures populaires et visions fantastiques composent un monde où l'étrangeté révèle l'humain et où la peinture devient un acte de survie autant qu'un geste de révolte. Au cœur de cette traversée surgit L'Intrigue (1890), tableau énigmatique et fascinant où une noce masquée fait sourdre l'inquiétant. Comme si toute une vie, tous les souvenirs et toutes les visions d'Ensor convergeaient vers cette scène suspendue. Ce roman donne voix à cet instant, quand les visages se dérobent et les fantômes commencent à parler.