Et si des décennies de paix et de libre-échange avaient fait de l'Europe non une puissance, mais une proie ? L'alliance transatlantique vacille, la Russie a ramené la guerre de haute intensité sur le continent, la Chine a tissé un réseau de dépendances géoéconomiques qui conditionne jusqu'aux décisions politiques européennes. Tout ce qui semblait acquis depuis 1945 mute sous nos yeux. L'Europe s'y retrouve brutalement seule : puissance normative dans un monde où la force a repris le dessus sur les règles, puissance dépendante dans un monde qui récompense l'autonomie. Dans ce livre écrit depuis l'urgence, Arancha Gonzalez –; ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole et doyenne de la PSIA de Sciences Po –; diagnostique une triple vulnérabilité : stratégique, face aux grandes puissances qui redessinent le monde par la force ; militaire, face à des armées sous-équipées et une industrie de défense à la traîne ; démocratique, face à la désinformation et aux ingérences étrangères qui corrodent nos sociétés de l'intérieur. Mais Gonzalez refuse le catastrophisme comme la nostalgie. Son livre est une invitation à l'action : l'Europe peut encore décider de son destin, à condition de se doter d'une autonomie stratégique réelle, de réinventer son modèle économique et de protéger activement ses démocraties. L'Occident tel qu'il existait est terminé. L'Europe, elle, n'est pas condamnée.