« Il nous aura fallu dix ans pour comprendre le sens et le fondement du cri lancé par Haitham Manna, en 2011 : la violence attise la violence et la haine accroît l’aveuglement. » Extrait de l’introduction de l’ouvrage collectif, Haitham Manna, Doyen de l’école critique dans l’approche des droits humains.Malgré la reconnaissance internationale qui a couronné la déclaration de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à promouvoir une culture de la non-violence dans les années 1990, la décennie suivante que l’on espérait éclairée est apparue sombre dès ses premiers pas. Cela s’est amorcé avec le désastre du 11 septembre 2001 et la mondialisation de l’état d’urgence, et s’est poursuivi avec le déclenchement de guerres dont nous subissons encore aujourd’hui les conséquences. Ce constat nous pousse à prendre conscience que la culture de la non-violence apparaît aujourd’hui plus impérative qu’à tout autre moment. C’est ce que proclame le chercheur et activiste syrien, Haitham Manna, dans son nouveau livre, Atlas de la non-violence, dans lequel il évoque les plus fameux repères et figures du courant de la non-violence dans le monde, selon leurs contextes dans le temps et l’espace.En sa qualité de figure de proue de l’opposition syrienne, au cours de ses premières années de manifestations pacifiques, Manna déconstruit la logique du recours à la violence et ses horribles conséquences sur l’humanité et la nation, en particulier en Syrie par suite de sa longue guerre, tout en présentant la culture de la non-violence, non seulement comme principe moral, mais comme la première et peut-être l’unique option pour le salut de l’humanité.