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En 2008 et 2009, Sigismond de Vajay réalisait une série de dessins et d'aquarelles pour une exposition à la Zavaleta Lab Gallery de Buenos Aires – des scènes suspendues entre catastrophe, ironie et fragilité, à la frontière de l'observation et de l'invention.Le livre qui en est né s'est épuisé depuis longtemps, continuant à circuler de main en main pendant plus de dix ans.Puis ces images ont commencé à réapparaître ailleurs : dans les journaux télévisés, sur les smartphones et dans le flux continu d'images qui traverse désormais notre quotidien. Non parce que ces dessins auraient annoncé des événements précis, mais parce que le réel semblait désormais rejoindre les questions qu'ils posaient depuis longtemps.Une idée bien plus stimulante s'est alors imposée : non pas reproduire le même objet, mais l'élargir dans toutes ses dimensions. Cette nouvelle édition est devenue un véritable projet éditorial, l'occasion de construire un nouveau livre à partir de l'histoire du premier.Un avion en flammes, le silence avant l'effondrement d'un bâtiment, la splendeur sombre d'un incendie ou d'un volcan – nos petites apocalypses ordinaires, que de Vajay observe avec un sarcasme salutaire plutôt qu'un pessimisme complaisant. Comme le disait Werner Herzog, l'effondrement de l'univers se fera, comme la création, dans une splendeur grandiose.Cette nouvelle édition réunit les 63 dessins originaux + 12 œuvres inédites, réalisées en 2026. Conçue à nouveau par Paula Galli, elle conserve le « côté boutique » de la première édition tout en s'ouvrant à quatre langues – espagnol, anglais, français et japonais –, avec une double couverture et lecture, occidentale et orientale, afin que sa structure même reflète la diversité des lecteurs auxquels il s'adresse aujourd'hui. Elle comprend également un prologue revisité et un épilogue inédit signés Pedro Donoso.Cette édition ne cherche ni à remplacer celle de 2009, ni à la corriger. Elle propose simplement de la relire depuis un présent différent.Les œuvres ne demeurent jamais immobiles.Elles changent à mesure que notre regard change.Et parfois, elles changent aussi parce que le monde qui les entoure a changé.