Soleil de plomb, mer étale et torpeur des étés infinis, calades sombres et porches pisseux, ordures et fleurs, menaces sourdes, sel et sucre, sucre et sel, sang et lait maternel. La langue d’Olja Savicevic est physique, sensuelle, elle se frotte à la brutalité du monde et en fait éclater la beauté, plaide inlassablement pour l’immense supériorité du rire et de la tendresse envers toute chose. Une tendresse manifeste, flamboyante, combat : « sous la fenêtre hurle la forêt vierge, éloge de l’instant de feu ».