De l'invention des langues féministes au cinéma
Re-voir Jeanne Dielman pour s’étonner à nouveau. Re-voir pour croiser, enchâsser, faire rayonner Jeanne Dielman avec d’autres films de Chantal Akerman.Re-voir pour réinterroger le film à l’épreuve de la comparaison. Dans un deuxième temps, cet essai se propose d’analyser et de comparer les langues familières et les langues émeutières à l’œuvre dans le cinéma à partir des années 1970. En libérant la langue de sa bienséance linguistique, en la féminisant, en la déréglant afin de la rendre plus frondeuse, lutteuse ou rieuse, les cinéastes Chantal Akerman, Agnès Varda et Les Insoumuses travaillent en textes, en chansons, en slogans, ses potentialités comme une arme critique, politique et poétique, jusqu’à en faire une force d’action. Comment la langue inventive avec ses phrasés dissonants et dissidents, comment la langue ordinaire avec sa simplicité subversive, invitent-elles à de nouveaux « langagements » féministes ?