Que reste-t-il du Limoges de la Révolution? Très souvent des absences comme la célèbre abbaye Saint-Martial disparue dans la tourmente révolutionnaire. Le paysage urbain a été profondément remanié contribuant à rendre quasiment invisible le cadre de vie de la fin du XVIIIe siècle. Quelques sites-repères suffisent cependant à l historien Philippe Grandcoing pour restituer au lecteur ce Limoges presque oublié, des beaux hôtels particuliers de l aristocratie jusqu aux quartiers populaires de la boutique et de l artisanat. Mais le Limoges de l époque dispose aussi d un monument littéraire: le grand roman de Robert Margerit, La Révolution, prix de l Académie française en 1963. Comme l analyse François Gilardi, spécialiste de cette uvre, Margerit, au sommet de l art du romancier, distille son puissant pouvoir d évocation et fait du lecteur l intime de personnages historiques ou imaginés et lui transmet la fièvre révolutionnaire. En croisant les approches de l Histoire et du roman, ce livre met le savoir et l imagination au service d un patrimoine devenu en grande partie immatériel.