Cet ouvrage analyse la formation des nouvelles professions et des élites professionnelles dans le Japon moderne. Certaines professions occidentales, comme médecins ou traducteurs, correspondaient à des activités déjà présentes au Japon, tandis que d’autres, comme architectes ou ingénieurs, représentaient des catégories inédites. Les auteurs étudient la manière dont ces groupes ont construit leur identité professionnelle, acquis une légitimité sociale et organisé leurs réseaux. Issu d’un atelier de recherche tenu à Paris en 2015, l’ouvrage rassemble plusieurs études de cas portant sur des professions variées : traducteurs, médecins, sage-femmes, psychiatres, nutritionnistes, architectes et ingénieurs. Les recherches mettent en lumière les origines sociales de ces élites, leurs stratégies de carrière, leurs liens avec l’État ainsi que les tensions entre anciennes et nouvelles formes d’autorité professionnelle. L’ouvrage souligne également l’importance des échanges internationaux dans la professionnalisation japonaise. Les études à l’étranger et les réseaux transnationaux ont fortement influencé ces élites. Toutefois, les auteurs nuancent l’idée d’une simple imitation de l’Occident : les professionnels japonais ont adapté les savoirs étrangers aux réalités locales, jouant ainsi un rôle créatif majeur dans la modernisation du Japon.