Quand les riches marchent sur la tête
Après avoir exposé les ultra-riches dans toute leur obscénité avec son essai La société de provocation, Dahlia Namian trace ici la géographie d’un monde plongé dans l’absurde par le pouvoir de l’argent. Nous avons basculé de l’autre côté du miroir, dans une réalité sens dessus dessous. Les bouffons sont les rois, le mal se travestit en bien, l’égoïsme se proclame liberté et la force se prend pour le droit. Ce renversement n’est pas accidentel. Là où tout s’achète, la vertu, la vie, les élections, plus aucune valeur ne tient. En analysant des personnages de film ou de roman tels Patrick Bateman ou le Joker, en disséquant les formes de résistance incarnées par Luigi Mangione ou un chauffeur Uber accusé d’avoir provoqué les incendies de Los Angeles, l’essayiste expose la violence d’une époque sans repères. Elle propose une sociologie des affrontements de classes là où les syndicats s’effritent, raconte les solidarités qui se tissent malgré tout, cherche une porte de sortie dans un monde que l’on dit sans alternatives. Pour échapper aux monstres qui prospèrent.