Le visage robotique dans l'architecture
À Tokyo, François Blanciak voit des visages partout : deux fenêtres deviennent des yeux, une porte dessine une bouche, un balcon semble grimacer ou pousser un cri. Au fil de ses promenades, l'architecte repère ainsi dans les façades des expressions tantôt familières, tantôt étranges, et multiplie les rapprochements avec des visages de robots. Dans Tokyoids, ce jeu d'imagination devient le point de départ d'une manière radicalement nouvelle de regarder l'architecture.Plutôt que de classer les bâtiments selon leur époque, leur fonction, leur matériau ou leur style, il les rassemble d'après les expressions de leurs façades : joie, colère, peur, douleur, faim, étonnement… Une cinquantaine de constructions ordinaires photographiées dans les rues de Tokyo composent ainsi une étonnante galerie de « visages-robots ».Mais derrière le jeu visuel se dessine une hypothèse plus troublante : et si le visage du robot était d'abord une invention de l'architecture ? En retraçant l'histoire de cette anthropomorphisation, François Blanciak interroge notre fascination pour les robots, leur place dans la culture japonaise et, plus largement, l'influence de l'automatisation sur notre perception du monde.À la fois enquête photographique, essai d'architecture et exploration de l'imaginaire technologique japonais, Tokyoids révèle ce que nous ne pouvons plus ne pas voir une fois que nous l'avons aperçu : les villes ont des visages.