Penser la laïcité 2
Dans Penser la laïcité 1, maintes propriétés du concept de laïcité avaient été abordées – notamment le minimalisme, l’incompatibilité avec les formes politiques de religion, l’articulation entre principe de laïcité et liberté d’expression –, ainsi que les dérives (laïcité accommodante / extrémisme laïque). Dans ce nouveau livre, mises en rapport avec les questions actuelles (La loi a-t-elle besoin d’une forme de croyance ? La laïcité se confond-elle avec la liberté religieuse ? Est-elle un athéisme ? Peut-on parler d’intégrisme laïque ? L’islamophobie est-elle un délit ? En quoi la laïcité concerne-t-elle les élèves de l’école publique ?), elles sont reprises, augmentées et enrichies dans une démarche déductive qui les relie à l’autonomie du politique.La notion de respiration laïque est le centre de gravité du livre. Elle résume la relation essentielle entre laïcité et liberté. Le régime laïque construit un objet politique non saturable par les convictions présentes dans une société. Comparable à une bibliothèque en perpétuelle évolution qui doit disposer de rayons vides, la laïcité ménage, dans son principe même, des espaces vacants permettant à chacun de penser autrement, de trouver un ailleurs, de prendre du recul, de se soustraire à une appartenance imposée, à une assignation.La seconde partie est consacrée à la laïcité scolaire. L’école doit offrir aux élèves une double vie, les considérer dans leur individualité et non comme « fils/filles de... ». Elle institutionnalise l’expérience éminente de la liberté qu’est l’appropriation des savoirs : un enfant qui a compris une opération d’arithmétique n’obéit qu’à sa propre raison. Mais une école qui néglige ou relativise l’instruction ne peut pas être laïque.