Une utopie sans cesse revisitée depuis 1980
À rebours de la perception courante qui voit l’information en Chine prioritairement sous l’angle de la censure et de la répression, cet ouvrage braque le projecteur sur l’existence d’une communauté de journalistes d’investigation qui s’efforcent d’informer le public, malgré les contrôles dont ils font l’objet de la part du pouvoir.Affaire du lait contaminé, corruption, catastrophes industrielles : à partir des années 1980, des journalistes d’investigation chinois révèlent au public des dérives imputables à des représentants du pouvoir. Dans un système médiatique contrôlé par la censure, mais dynamisé par les réformes économiques de Deng Xiaoping, le Parti communiste tolère ces enquêtes, car elles lui sont utiles pour surveiller les dirigeants locaux et corriger les travers les plus criants de ses propres politiques. Cependant, les journalistes ne se contentent pas de ce rôle et cherchent à aborder des sujets sensibles, d’ampleur nationale. De l’âge d’or du journalisme d’investigation, entre 1990 et 2000, à son déclin sous le règne de Xi Jinping, cet ouvrage étudie les limites fluctuantes de leur autonomie. Si le contrôle se resserre depuis 2012, le journalisme d’investigation résiste, notamment avec l’apparition de nouveaux médias numériques dans les années 2020. En s’appuyant sur le traitement de nombreuses affaires et sur des entretiens avec des journalistes de Pékin, Shanghai et Canton, l’auteur montre comment ces derniers parviennent, grâce à différentes stratégies, à poursuivre leur recherche de la vérité.